Comment négocier son cachet de concert avec confiance ?

Artiste avec des dollars dans les mains

Parler d’argent, ce n’est pas forcément la partie la plus agréable du métier d’artiste. Tu préfès sûrement être en studio ou sur scène plutôt qu’à discuter chiffres par mail. Pourtant, apprendre à négocier ton cachet de concert est essentiel si tu veux respecter ton travail, ton temps… et ton énergie. L’idée n’est pas de “faire le dur en négo”, mais simplement de poser un cadre clair, serein et professionnel.

Connaître ton cachet minimum avant de répondre

Avant de dire oui, non ou “on verra”, prends un moment pour clarifier ton cachet minimum. Cela te donne un repère pour ne pas accepter des conditions qui te mettent en difficulté.

Voici quelques questions simples à te poser :

  • Quels sont mes frais ?
    (transport, musiciens, technicien·ne, éventuellement hébergement, parking, péages…)
  • Combien de temps représente ce concert ?
    (répètes, trajets, balance, set, retour)
  • Quel est le montant en dessous duquel ce n’est plus viable pour moi, même si l’événement a l’air sympa ?

Ce “prix plancher” n’a pas besoin d’être parfait. Il peut évoluer avec le temps et s'adapter. Mais le fait de l’avoir en tête change tout : tu ne négocies plus “au feeling”, tu sais où tu te situes.

Connaître le contexte du lieu de concert avant de donner ton prix

Avant de parler chiffres, il est vraiment précieux de comprendre tu vas jouer et dans quel cadre. On ne va pas aborder un bar de quartier, un festival subventionné ou un mariage de la même manière.

Essaie de clarifier :

  • Le type de lieu
    Bar, café-concert, SMAC, centre culturel, festival, événement privé, institution…
    Chacun a un fonctionnement et des budgets différents.
  • La capacité et l’ambiance
    Petite jauge cosy, salle debout, plein air, gros plateau avec plusieurs artistes…
    Ça te donne une idée de l’enjeu de la soirée.
  • Le modèle économique
    • Entrée gratuite ou billetterie ?
    • Soirée plutôt commerciale (bar, club) ou initiative associative / culturelle ?
    • Subventions, sponsors, soutien d’une ville, d’un canton, etc. ?
  • Ta place dans la programmation
    Es-tu l’artiste principal·e, une première partie, un passage dans un line-up, une animation musicale ?

Plus tu comprends le contexte, plus tu peux adapter ton cachet de façon juste : ni “trop” pour l’organisateur, ni “pas assez” pour toi.

Présenter ton cachet comme un forfait pro

Une fois que tu connais ton prix minimum et le contexte, vient le moment de parler chiffres. Pour que ce soit plus confortable, présente ton cachet comme un forfait professionnel, pas comme un chiffre lancé au hasard.

Par exemple :

“Pour un set de 45 minutes, mon cachet habituel est de XXX €, hors frais de déplacement.”

Le terme “cachet habituel” montre que tu as l’habitude de travailler ainsi. Tu ne demandes pas “un truc au pif”, tu présentes ton fonctionnement normal.

Négocier sans te brader

Il se peut que l’organisateur te réponde : “On n’a pas ce budget-là…”. Cela ne veut pas dire que tout est perdu, ni que tu dois immédiatement diviser ton prix par deux.

Tu peux rester ouvert·e, tout en gardant ton cadre, comme par exemple :

  • Adapter le format

“À ce budget, je peux proposer un set plus court, ou venir en formation plus légère (solo/duo).”

  • Jouer sur les frais

“On peut rester sur XXX € si le transport et les repas sont pris en charge de votre côté.”

  • Dire non sans couper le lien

“Avec ce budget, ce ne sera malheureusement pas possible pour nous cette fois-ci. Merci beaucoup pour la proposition, et n’hésitez pas à revenir vers nous si vous avez plus de marge sur la partie artistique.”

L’important, c’est que tu sentes que l’accord est équilibré. Tu as le droit de refuser une date qui ne respecte pas ton travail. Ce n’est pas un manque de gratitude, c’est une forme de professionnalisme.

Construire ta posture sur le long terme

Négocier ton cachet de concert, ce n’est pas seulement “gagner un peu plus” sur une date. C’est aussi :

  • te respecter en tant qu’artiste indépendant·e,
  • protéger ton énergie et ton temps,
  • te rendre disponible pour des projets plus justes pour toi,
  • attirer des partenaires qui prennent ton travail au sérieux.

Tu peux bien sûr accepter parfois un cachet symbolique pour un projet coup de cœur. L’essentiel, c’est que ce soit un choix conscient, pas quelque chose que tu fais par peur de décevoir.

Pour t'aider à programmer des dates et négocier tes cachets, découvre notre Répertoire des Scènes de Musique actuelle.

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